Qui sommes nous?

Rikolto en RD Congo est membre de la fondation d'utilité publique «Rikolto International», basée à Louvain, Belgique. Rikolto est un mot en Esperanto, qui signifie "récolte": récolte de produits agricoles, mais aussi récolte d'idées et d'expériences. Depuis plus de 30 ans, nous avons travaillé avec des organisations paysannes en RDC pour achever notre devise : les paysans sont gagnant.

Notre mission

Désormais, nous voulons contribuer à la recherche de stratégies viables pour répondre au défi le plus grand de tous les temps: Comment nourrir le monde demain? Rikolto appuie les agriculteurs familiaux à jouer leur rôle dans la réduction de la pauvreté en milieu rural et leur permet de contribuer à nourrir de manière durable la population mondiale croissante.

En République Démocratique du Congo, Rikolto a décidé de se concentrer entièrement à l'Est du pays (Sud- et Nord-Kivu, ainsi que l'Ituri et le Tanganyika) tout en se focalisant sur quatre chaînes de valeur agricoles porteuses: le café arabica, le riz, le cacao et le chia. En même temps il est important d'appuyer également les organisations paysannes provinciales et nationale dans leurs efforts de plaidoyer envers les autorités et les partenaires techniques et financiers.

Le riz a pris une place importante dans l'alimentation humaine en RDC, tout comme il est devenu une culture de rente majeure. En effet, dans le Territoire de Beni, le riz a remplacé le café robusta depuis que celui-ci a été anéanti par la trachéomycose vers la fin du siècle précédent. Ailleurs, comme dans le secteur Bapere, le riz était déjà une culture traditionnelle, tandis que dans la plaine de la Ruzizi, le riz est arrivé avec la mise en place de systèmes d'irrigation. Au Tanganyika, la riziculture se fit encore dans des zones qui manquent les aménagements.

Notre approche consiste en un appui aux riziculteurs à s'unir en coopératives de collecte, de transformation et de commercialisation de riz. Leur plus grand défis est d'assurer la compétitivité du riz local avec le riz importé de l'Asie. C'est un défi à dimensions multiples: les coûts de production et de transaction devraient baisser considérablement, tandis que la qualité et la quantité du riz local doivent augmenter. Le conditionnement du riz local pour répondre aux besoins des consommateurs congolais est indispensable, sinon les grossistes ne s'y intéresseront jamais. Les coopératives doivent être liées aux grands centres de consommation, comme aux brasseries, bien que la capacité d'absorption de ces dernières reste relativement limitée. Le marché du riz de consommation est fragmenté et opaque. Un défi majeur est d'organiser ce marché ensemble avec tous les acteurs de la chaîne, de telle façon que tous soient gagnants. Nous examinerons avec eux si le modèle d'une bourse de riz pourrait devenir une formule durable. Nous travaillons aussi à une labélisation, c'est à dire, la mise en place d'une structure indépendante de contrôle de qualité, qui garantit au consommateur que le riz qu'il achète répond à ses attentes. Le nom du label a déjà été choisi: il s'appelle Nyange-Nyange, le nom de l'aigrette blanche, visiteur très fréquent des rizières.

Rikolto a mené en 2016 une première expérience avec quelques décortiqueuses performantes importées du Brésil. Celle-ci permettent de séparer les brisures du riz entier et de mettre ainsi sur le marché un produit de qualité comparable au riz importé, sauf que son goût est bien plus frais que celui du vieux riz aziatique, qui atteint l'Afrique plusieurs années après la récolte seulement. Les premiers sacs de riz frais de la plaine de la Ruzizi sont déjà en vente à Bukavu.

Ce programme est réalisé avec un appui financier de la part de la DGD et du PICAGL (un projet du Gouvernement de la RDC, financé par un crédit de la Banque mondiale).

La filière du café arabica en RDC souffre depuis bien trop longtemps d'un malaise profond qui est le résultat combiné de prix trop bas sur le marché mondial, une sur-taxation énorme comparé aux pays voisins, des tracasseries multiples et une complicité systématique de certains services étatiques dans l'exportation frauduleuse du café congolais. La quantité de café exportée officiellement est devenue moins d'un dixième du potentiel réel. La réputation du café congolais est au plus bas et les producteurs qui font des efforts de produire un café de qualité ne sont pas rémunérés, faute d'accès direct au marché international. Les producteurs dépendent d'intermédiaires trop nombreux et sans valeur ajoutée pour la vente de leur café. Bon nombre d'entre eux tombent dans le piège des usurpateurs qui donnent des crédits-café au moment de la floraison à des conditions exécrables.

Notre programme café appuie les producteurs dans l'émergence de leurs coopératives de traitement de café de qualité et assure les connexions avec les acheteurs de café gourmet. Les coopératives sont construites autour de micro-stations de lavage, qui rassemblent chacune une centaine de membres qui ont leur champs à proximité. Chaque microstation est une section de la coopérative. Les membres ont cotisé chacun 50$ en argent ou en nature pour les matériaux de construction et la main d’œuvre, tandis que le programme a contribué en offrant un crédit matériel (dépulpeuse, treillis, filet d'ombrage, sheeting en polythène pour le toit du hangar, hygromètre, etc.).

Le nombre de micro-stations est en pleine croissance. Si dans la saison 2014-15 une première trentaine de micro-stations a commencé les opérations, des dizaines d'autres ont vu le jour et aujourdhui celles-ci ont dépassé le nombre de 125. Le nombre de conteneurs exportés va donc en croissance systématique et atteint déjà 25 par an (l'équivalent d’environs 500 tonnes) .

Les coopératives qui ont émergé dans notre programme café sont les suivantes:

Coopérative Kawa Kabuya
Située dans les territoires de Beni et de Lubero, à l'Ouest et au Nord du Lac Edouard

Coopérative Kawa Kanzururu
Située dans le Territoire de Beni, secteur de Ruwenzori, à l'Ouest du massif des monts de la Lune

Coopérative Kawa Maber
Située dans le Territoire de Mahagi dans l'Ituri, à l'Ouest du Lac Albert

Coopérative Bblo Kawa
Située dans le Territoire de Djugu dans l'Ituri, à l'Ouest du Lac Albert

Coopérative Kawa Kenja
Située sur l'Ile Idjwi dans le Lac Kivu.

La localisation exacte des 5 coopératives et de leurs micro-stations est rendue visible sur une carte Google

Une sixième coopérative est en préparation dans le Rutshuru, au Sud de la province du Nord-Kivu.

Ce programme est réalisé, dans ses débuts avec un appui financier de Cordaid, du CFC/ICO et de la DGD. Présentement il se réalise en cofinancement entre la DGD et le projet PASA-NK, un projet du Gouvernement de la RDC financé avec un crédit en provenance du FIDA.

Le cacao est une spéculation récente à l'Est de la RDC. Promu par la société privée ESCO, la culture a pris une ampleur impressionnante: en 15 ans, le volume de cacao produit a augmenté rapidement pour s'approcher de 40.000 tonnes par an en 2019. Tout ce cacao est produit à la ferme. Comme chaque producteur applique sa propre méthode de fermentation et de séchage, le bulcage de tous ces cacaos résulte en une qualité médiocre, qui ne donne pas une très bonne réputation au cacao du Congo.

Rikolto accompagne des producteurs de cacao en Ituri pour rehausser la qualité de leur cacao en organisant un traitement centralisé dans des centres de fermentation et de séchage, implantés non loin des champs. La fermentation standardisée assure une qualité élevée et constante tandis que les producteurs peuvent consacrer plus de temps aux travaux dans les champs. Avec l'appui de l'entreprise familiale ZOTO en Belgique, le cacao est présenté aux connaisseurs et les chocolatiers de spécialité découvrent le cacao fin de la coopérative Cacao Okapi de Mambasa.

Celle-ci a construit ses premiers centres de fermentation et de séchage et compte augmenter sa capacité dans les années à venir.

Ce programme est financé par Alimento, Vivace et quelques donateurs privés.

Le chia est une plante originaire du Guatemala, qui formait l'aliment de base des civilisations Aztèques et Maya. Son nom scientifique, Salvia hispanica, ne fait malheureusement pas honneur à ce passé magnifique. Récemment, la valeur nutritive exceptionnelle des graines a ramené cet aliment sur les tables du monde entier, comme un power food. Depuis, la demande croît sans cesse. Cela donne une nouvelle perspective à l'Afrique en général et à la RDC en particulier pour diversifier son agriculture.

Les qualités du produit en font également un aliment intéressant pour le Congo même: 21% de protéines dans les graines et 30% dans la farine des feuilles séchées, une abondance en vitamines et minéraux, sans oublier les acides gras omega 3, dont le chia est une des sources les plus riches.

La coopérative SOCOOPROCHIA, née avec l'appui de Rikolto, cherche à développer non seulement l'exportation de ce produit, mais vise également le marché local, avec des produits comme les beignets et tartes au chia, la tisane du chia (pour bien dormir) et bientôt aussi l'huile du chia.

Ce programme est porté par l'équipe de la coopérative et quelques prêteurs privés.